Hernies Hiatales

Le traitement endoscopique des hernies hiatales, en ambulatoire, a commencé. Les résultats préliminaires ont été prometteurs comme en témoigne ce rapport de communication regroupant les résultats de l'étude multicentrique européenne, mais malheureusement pas confirmés à distance :

Traitement endoscopique du reflux gastro-oesophagien (RGO) par le procédé Gatekeeper. Etude multicentrique européenne.

C. Bastid1, J.F. Rey2 , J. Boyer3 , P. Fockens4, M.J. Bruno4, G. Costamagna5, A. Gabbrielli5, S. Odegaard6, J. Hattlebakk6, M. Rhodes7, H. Allescher8, T. Roesch8, S. Muehldorffer9.

1 Clinique Wulfran-Puget et Bouchard, Marseille, 2 Institut A.Tzanck, St Laurent du Var ,3 CHU, Angers, France, 4 Academic Medical Center, Amsterdam, Hollande, 5 Policlinico Universitario, LUCBM, Rome, Italie, 6 Haukeland University Hospital, Bergen, Norvège, 7 Norfolk and Norwich Hospital, Norwich, Grande-Bretagne, 8 Klinikum rechts der Isar, Munich, 9 Universitaet Erlangen, Erlangen, Allemagne.

Les traitements endoscopiques du RGO sont actuellement en cours d’évaluation comme alternative au traitement médical ou chirurgical. Le procédé Gatekeeper (Medtronic, Minneapolis, USA) permet la mise en place de prothèses expansibles dans la sous-muqueuse, afin de renforcer le sphincter inférieur de l’œsophage. Une étude multicentrique européenne, dont nous rapportons les résultats préliminaires, évalue cette nouvelle modalité thérapeutique.

Soixante patients consécutifs (âge : 19-70 ans) atteints d’un RGO typique documenté par la pHmétrie des 24 heures (pH <4.0 >4% du temps) et dépendants des inhibiteurs de la pompe à protons ont été inclus depuis le mois d’octobre 2000. Les patients porteurs d’anomalies manométriques, d’une œsophagite supérieure au stade B, d’un endobrachyoesophage, ou d’une hernie hiatale de plus de 3 cm ont été exclus. Une évaluation clinique, une endoscopie digestive haute, une pHmétrie et une manométrie ont été réalisées avant la procédure puis à 1, 3 et 6 mois. Le traitement a consisté en la mise en place de 3 à 6 prothèses au niveau de la jonction oeso-cardiale.

La procédure a duré en moyenne 23 minutes (11 à 50). Un inconfort mineur et transitoire était fréquent et sans conséquence. 227 prothèses sur 240 ont été correctement placées (94.6%). Chez 7 patients, une deuxième séance de pose a été nécessaire. L’endoscopie de contrôle a montré une bonne position des prothèses dans 85.9% des cas (146/170) à 1 mois, dans 84.3% des cas (70/83) à 3 mois et dans 74.6% des cas (50/67) à 6 mois. Le score clinique de RGO s’est amélioré de 21 à 8 au premier mois (p<0,0001), puis à 9.5 (p<0,0001) au troisième mois, et enfin à 7.0 au sixième mois (p<0,004). La pHmétrie s’est améliorée de 8,6% (n=33) à 8,3% (n=9) à 3 mois puis à 6,4% (n=13) à 6 mois. La qualité de vie s’est améliorée significativement à 1, 3 et 6 mois. On déplorait 2 effets indésirables : une perforation pharyngée lors de l’introduction du surtube, traitée de façon conservatrice, et la persistance de nausées au terme de la première semaine imposant le retrait endoscopique des prothèses. Aucun patient n’a subi de chirurgie.

Au total, le procédé Gatekeeper a été efficace pour renforcer le sphincter inférieur de l’œsophage, avec une morbidité faible. Les scores cliniques et la qualité de vie ont été augmentés significativement. La pHmétrie des 24 heures a montré, dans la majorité des cas, une diminution du temps passé à pH<4. Ces résultats préliminaires prometteurs méritent une confirmation à plus large échelle.